Les grands batisseurs

Quand on pense aux grands batisseurs, on pense immédiatement aux romains et à leurs oeuvres gigantesques, aux grecs et à leurs temples, aux égyptiens et à leurs pyramides. On pense aux grandes cathédrales, à la grande muraille… Toutes ces grandes choses construites avec beaucoup d’ingéniosité et au prix de nombreuses vies.

On oubie systématiquement les parents de jeunes enfants à la plage. Or si nos constructions sont certes très éphémères, elles n’en demeurent pas moins admirables. Surtout qu’elles sont faites avec l’aide d’ouvriers au très jeune âge, et d’outils rudimentares ! Ces derniers jours, nous avons construit : une ferme et son étable, ayant un box pour chacun des animaux en caoutchouc qu’on trimbale partout avec nous, un chateau fort avec douves, pont, et porte, une voiture (décapotable, rassurez-vous) assez grande pour que Sacha puisse la conduire. Bien sûr, il fallait le volant, ainsi que la route, avec des virages, devant la voiture. Une chance, il n’a pas pensé au tunnel ! Pourtant, des tunnels, on en a creusé. Y sont passés les voitures, les animaux, les dinosaures…

Aujourd’hui, pour qu’on ne s’ennuie pas, après la pyramide, il a fallu réaliser un bateau de pirates, avec canons, mâts et voiles, et décorations à la proue ! Alors là, j’avoue, on a triché. En plus du sable, on a utilisé les végétaux environnants. Parce qu’un mât en sable, je vous laisse faire. Moi, je ne m’y colle pas !

Mes petits bonheurs retrouvés

– Les putes qui draguent mon fiston (bon, d’ici 15 ans, ça me fer peut-être moins rire)

– Les sacs plastique spéciaux pour 6 bouteilles d’eau ozonées, avec les petites languettes pour faire un noeud au milieu pour que ce soit plus facile à porter.

– Les services de laveries tous les 10m, où on laisse notre linge en échange d’un sourire (pas de reçu, d’inventaire, de bon…) et de la promesse qu’on nous le rendra propre le lendemain. Ils sont très forts pour reconnaître notre tête et l’associer au sac de linge adéquat même s’ils ne nous ont vu que 30 secondes, au milieu de 15 clients et autant de sacs.

– Les orchidées partout, pour décorer, dans un jus de fruit, un cendrier, un arbre, une salle de bain… Tout, partout, tout le temps, s’accompagne d’une orchidée.

– Le laarb moo, une salade de porc haché très épicée mais délicieuse, servie avec ses extincteurs de bouche : concombres, haricots crus, chou cru et bien sûr, du riz.

– Les galeries d’art où on ne trouve que des tableaux de stars célèbres et des bouddhaseries, le tout fait avec le plus grand sérieux d’après photo (des stars ou des temples). La création ? Connaît pas, ici. C’est le pays de la copie, ici, n’oublions pas.

Enfin au paradis

Maintenant que Sacha a abandonné l’idée stupide de la forte fièvre en continu, c’est vraiment le top. On s’éclate dans la mer, on se balade, ils sont tous deux assez grands pour manger n’importe quoi et n’importe où, on sieste, on s’éclate aussi dans la piscine. J’ai acheté une mini planche de surf et Ariane et Ramsès font les fous avec continuellement. Ariane est de plus en plus à l’aise dans l’eau. Sacha reste un peu fainéant à ce niveau-là, mais il n’a pas trois ans, on peut difficilement lui demander de maîtriser les quatre nages. S’il voulait bien juste arrêter de s’accrocher à moi comme la petite vérole à une fille de joie !

Ce matin, nous avons pu atteindre Kho Poda, le lieu que j’adore plus que tout. Le arrières-petits-enfants des petits poissons en photo ici nous attendaient. Pour ne pas faillir à notre réputation, nous leur avions apporté du pain. Les fonds sont toujours aussi beaux. J’ai à peine fait un petit tour de snorckelling et j’ai déjà vu des merveilles. J’ai aussi emmené Ariane mais elle n’est pas encore très réceptive. Elle ne se rend pas compte que les récifs coralliens plein de poiscaille multicolore, ça ne court pas les vacances des petites filles de quatre ans et demi. D’ailleurs, pour elle, c’est ça la mer. De l’eau chaude et transparente au bord de sable fin. J’espère pouvoir y retourner très vite, aller plus loin, explorer d’autres coins. Il faut aussi que j’essaie de prendre tout ça en photo avec mon appareil magique, mais ce n’est pas facile car je suis très mal équipée. Mon tuba, par exemple, ne s’accroche plus sur le masque, il faut donc que je le tienne d’une main, sinon l’embout reste dans l’eau, ce qui complique un peu la respiration. En plus, j’ai horreur des palmes, je me prends les pieds avec, je nage donc sans, et c’est plus fatigant. Je vais donc moins loin. Ceci sans compter Ariane sur mon dos qui discute, et à qui il faut que je réponde en parlant dans le tuba. (C’est pire avec Sacha qui saute comme un fou sur mon dos en disant tagada tagada…) Pour prendre des photos, ce n’est donc pas toujours évident.

La plage elle aussi est toujours aussi belle. Sable blanc, eaux limpides et turquoises, et ce si beau rocher juste en face. Vraiment magnifique.

Un jour, je serai rentière, j’habiterai à Ao Nang, et j’irai tous les jours à Kho Poda ! Na !

Kho Poda :

rocher

poissons

sacha

ariane

Nos enfants sont des stars !

stars

Pas moi !

masquetuba

La piscine :

arianepiscine

ramses

Sacha sur toutes ses coutures

Entre 2 et 4 ans, Ariane prenait toute la place à la maison. Par tous les moyens, du plus chouette, genre magnifique dessin ou jolie chanson, au plus infect, genre piquer des crises abominables, ou nous réveiller 15 fois dans la même nuit sous n’importe quel prétexte. Une nuit où elle a senti qu’il fallait vraiment une bonne excuse pour qu’on ne l’étouffe pas avec son oreiller, elle a quand même inventé, après quelques secondes d’intense réflexion, qu’elle voulait des enfants. A 3 ans et à 3h du matin !

Et bien Sacha a le même âge maintenant et c’est son tour. Avec ses moyens à lui. D’abord en hurlant. Sacha est incapable de parler, il hurle, crie, gueule. On essaie de lui apprendre à contrôler, à chuchoter, mais rien à faire. Il emmerde aussi continuellement tout le monde, au point que pour que deux personnes puissent avoir la paix à la maison, il faut que la troisième joue avec lui. Il gagne donc à tous les coups. On le sait, mais que faire. Parfois, ça fait des drames, forcément. Il y a quelques jours, par exemple, Ariane me demande de jouer aux légos avec elle. J’accepte, on commence à jouer, et évidement, Sacha arrive, tape sur sa soeur, bousille tout.. Même puni et enfermé dans sa chambre, il trouve moyen de faire des bêtises et de m’obliger à intervenir. J’ai fini par jouer avec lui, histoire que sa soeur puisse enfin faire sa ferme en légos tranquillement. Alors c’est elle qui s’est mise à hurler que c’était injuste, que c’est elle qui avait demandé la première et que c’est avec lui que je jouais alors que c’est lui qui était vilain. Elle avait parfaitement raison, et je le lui ai dit, mais ça ne la pas calmée pour autant. Mais quelle autre solution ?

Son moyen favori pour attirer notre attention, nous débaucher de l’école ou de nos sorties, c’est les maladies à répétition. Ca ne loupe jamais. Le pied-main-bouche en fin de semaine dernière ne lui a pas suffit. Depuis hier après la sieste, pas moyen de le faire descendre en dessous de 38°5 dans ses bons moments. Le reste du temps, on oscille entre 39°5 et 40°. Une nuit géniale, donc, avec de nombreuses interruptions pour prendre la température, et faire baisser tout ça à coup de gant de toilette mouillé quand l’ibuprofène et le paracétamol, même cumulés, n’y font rien. En gros, à peine trois ou quatre heures de sommeil inquiet, et une visite chez le médecin prévu pour ce soir à l’ouverture du cabinet à 17h. Et bien sûr, j’ai oublié mes feuilles de sécu à KL. Avec l’éternelle crainte du coin quand la fièvre ne baisse pas : la dingue ? Et en cas d’hospitalisation, Bkk ou KL ? Krabi ? Et toujours le stress accompagné de la grosse boule dans le ventre associé au Sacha malade, que je connais trop bien et qui m’use, qui m’use.

Va vraiment falloir que j’aille laver mes chakkras et tout ce qui va avec dans la mer. Pour le moment, j’ai à peine eu le temps de faire trempette, et toujours avec un enfant dans les bras.

Je ne sais plus lire

Quelle frustration ! Bien sûr, j’ai retrouvé le son de beaucoup de lettres, mais pas toutes. Faut dire qu’il y a plus de 40 consonnes et plus de 20 voyelles. Et puis j’ai perdu l’habitude, alors j’ai du mal à séparer les syllabes, les mots. Oui, pour ceux qui ne le savent pas, le thaï s’écrit sans séparation ni ponctuation, ça complique un peu le truc, c’est plus rigolo ! Surtout, j’ai perdu les tons. Je ne sais plus si les consonnes sont hautes, basses, ou moyennes, ce qui permet, en fonction de la longueur de la voyelle derrière, ou du fait qu’il y ait une autre consonne en finale, de déterminer le ton de la syllabe, donc son sens. Et puis même ces règles-là, elles sont un peu floues, maintenant. Et sans les tons, les sons, ça ne sert à rien. Je ne sais donc plus lire. Bouuuhhh !

Mes petits bonheurs retrouvés

– Les stations d’essence constituées de quelques bouteilles de fanta ou d’une vieille pompe manuelle avec une bonbonne transparente, le tout posé sur une vague table en bois.

– Les boutiques ouvertes, tous les articles en place dont la caisse, mais personne dedans pour vendre ou surveiller, même quand on appelle. Après tout, c’est l’heure de la sieste.

– Les gens qui dorment dans des hamacs en pleine journée, entre deux arbres ou dans leur bateau. Ceux qui dorment dans leur tuk-tuk, et les plus fort, qui arrivent à dormir sur leur moto sans se casser la figure.

– Les tubes thaï chantonnés par les mahouts, batelierss et autres tandis qu’ils conduisent leur bestiole ou véhicule.

– Le goût du poulet aux noix de cajou.

– La possibilité de changer les enfants au bord de l’eau sans avoir à les planquer entre 15 paréo et sans subir les regards outrés et les remarques désobligeantes des locaux.

– les 15 ouvriers necessaires à la plantation d’un massif de fleur de 3m2, en deux heures, avec une seule et même sorte de fleurs : un qui creuse, un qui ratisse, un qui remplit l’arrosoir, quatre qui dorment dans le camion, six qui regarde, et deux qui jouent à se battre.

– Les drapeaux thaïlandais le long des routes et devant les maisons, ainsi que les drapeaux jaunes qui représentent le bouddhisme, et le roi par extension.

– Le fait de marchander chaque objet, si possible en thaï : c’est bien plus efficace.

– L’idée d’un phad thaï. Je veux un phad thaï ce soir. Je n’accepterai rien d’autre qu’un phad thaï au repas ce soir. J’ai déjà faim rien que d’y penser, et il n’est pas encore 17h. Ou alors j’y pense parce que j’ai déjà faim ? Ou que je viens de le voir sur la carte d’un resto ?