Penang bis

Week end à Penang avec MJ, une copine. Les horaires d’avion sont abominables et ma semaine prochaine de boulot n’est pas prête, mais tant pis, nous partons. Je bosserai comme une brute lundi soir et ça ira. Quant aux enfants, je suppose qu’ils n’iront ni à l’école ni à la crèche lundi. Pas grave.

Un WE hors de KL, ça fait du bien, ça vide la tête. Surtout en ces temps de grosses tensions au boulot.

Nous réussissons l’exploit de partir avec un petit bagage cabine chacun sans RIEN enregistrer (sauf la bombe de mousse à raser de Ramsès au retour, mais c’est une autre histoire…) C’est la première fois depuis que nous avons les enfants, ça tient donc du miracle. Bon, un tel miracle veut aussi dire que nous n’avons pas le lit de Sacha, je dors donc (ou plutôt ne dors pas) dans le grand lit avec les deux enfants alors que Ramsès pionce dans le petit lit simple à côté. Oui, je sais, c’est mal, mais partir sans le petit lit, c’est quand même pratique.

Sur place, nous visitons le khoo kongsi, une magnifique maison de clan chinois qu’on n’avait pas réussi à voir la dernière fois que nous sommes venus. Nous marchons pas mal dans la ville, et on sent que les enfants grandissent : ils tiennent à peu près le choc. Balade également au jardin botanique, une immense étendue de verdure, avec collines, rivières, chemins… le tout sans voiture ni moto. Bon, certes, le patron du boui-boui du coin est un abominable salaud qui refuse de nous vendre du riz sans le plat épicé qui va avec. Or les trucs plein de piment, les enfants ont un peu de mal, et moi, je refuse d’acheter du riz ET un plat pour jeter le plat !

MJ nous amène aussi dans un coin dont nous n’avons jamais entendu parler malgré notre étude des différents guides : un quai fait de maisons sur pilotis. C’est très chouette mais un peu stressant avec un Sacha qui négocie continuellement pour ne pas être obligé de donner la main. Comme je tiens un enfant dans chaque main, c’est MJ qui prend les photos avec mon petit numérique (ben oui, on est parti léger, je n’ai pas mon bon gros vieil argentique.) Ca tombe très bien vu que c’est une pro de la photo. Donc promis, j’en rajoute quelques une dans un portfolio là-bas à droite dès que j’ai un peu de temps, c’est à dire pas tout de suite car j’ai plein de boulot et un concert cette semaine.

Une vraie fille (2)

Suite à ce billet , voici LA photo chez l’ambassaddeur d’Allemagne, ou j’ai du me déguiser en fille hier. Quand je pense qu’on ne voit même pas mes chaussures, j’aurais dû mettre mes basquettes ! D’ailleurs, les chaussures, à la fin, je n’en pouvais tellement plus, que passé le portail du jardin, je les ai quittées, et j’ai préféré marcher pieds-nus jusqu’au parking du quartier, avec mes talons à la mains, comme dans les films.

Le concert était très sympa. On a à peu près bien chanté (du moins moi je trouve) et les gens étaient contents, c’est l’essentiel.

Prochain concert dans une des grandes salles de KL le 2 juin, mais pour un concert facile et sans grande importance.

moi

Une vraie fille

Lundi, je chante (pas toute seule, hein, avec plein d’autres) chez M. l’ambassadeur d’Allemagne. Et je ne pouvais pas y aller avec un vieux futal taché de peinture qui me reste de Thaïlande et un T.shirt légèrement déformé, tenue que j’adopte quasiment tous les jours. Et puis mes sandales, mes tongs, mes basquettes, ou mes rollers, ça ne faisait pas l’affaire. Alors heureusement, mercredi dernier, une des nanas de la chorale, une française et avec qui je m’entends bien, a pris les choses en mains. Elle m’a embringuée dans des boutiques où je n’aurais jamais imaginé avoir l’idée de risquer d’y mettre les pieds. Elle m’a fait essayer en moins d’une heure plus d’une dizaine de très longues robes noires (tenue officielle pour la soirée). D’habitude, enfiler dix robes différentes, c’est plutôt un truc qui se compte en décennies, chez moi, et encore, aidé par les robes de grossesse auxquelles je n’ai pu échapper.

Ensuite, il y a eu les chaussures et à TALONS. Quand on sait que quand j’ai besoin d’une paire de chaussures, en général, je fais 20 magasins avant de renoncer à acheter quoi que ce soit, on comprend que cette journée tenait du miracle. Lundi, je vais même avoir droit au maquillage, histoire de me rappeler mes années de compet, voire aux boucles d’oreilles.

Le plus dur, lundi soir, ne va donc pas être de chanter, mais d’arriver à me déplacer sans me tordre une cheville, marcher sur ma robe, ou me demander qui est la pétasse qui me regarde là-bas en face dans le miroir!

En attendant, je vais réviser mon allemand !

Et pour les photos, va vraiment falloir être très très sage…

Les ricochets des ricochets des petits cailloux.

J’ai connu le blog de Kozlika à l’époque où elle écrivait les petits cailloux. Et j’ai attendu, savouré, lu et relu ses billets, passionnée par ces extraits de vie, émue et surtout admirative devant sa façon de les raconter. Quand quelques temps plus tard, elle a proposé les ricochets, j’y ai réfléchi, puis j’ai laissé tomber. Je n’y étais pas prête. Je n’ai pas son talent, je ne savais pas quel chemin prendre, et il y a des années où je ne sais même pas si j’aurais pu écrire une ligne. J’ai suivi les débuts des ricochets avec curiosité et attention. J’en ai déduit que je préférais les anecdotes qui racontent quelques minutes (heures, jours) d’une année plutôt que les résumés de vie. Et mon expérience des petits cailloux s’est arrêtée là.

Et puis nous sommes revenus en Thaïlande. Et le moindre mot, la moindre odeur a fait rejaillir en moi des souvenirs. Et j’ai repensé aux petits cailloux. Et je n’y suis toujours pas prête. Mais quelques souvenirs ici ou là, comme ils viennent, pourquoi pas.

Mon premier petit caillou pourrait donc être : janvier 2002 (28)

Je suis enceinte de deux mois, et nous sommes en trek. En vrai, pas les balades touristiques qu’on fait depuis qu’on a les enfants. Plusieurs jours en pleine jungle en plein hiver, à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, sac au dos, avec radeau, marche, éléphants, nuits sous tente ou paillote, douche dans la rivière glacée… Et un froid nocturne terrible, qui nous transperce. Je dors dans un duvet, toute habillée, avec anorak et bonnet (certes, tout ce matériel est thaï) et grelotte continuellement. On prolonge les soirées autour du feu le plus longtemps possible, mais les journées sont fatigantes et j’ai besoin de dormir. Le pire, c’est ma vessie qui m’oblige à sortir régulièrement. Le matin, j’essaie de tenir le plus longtemps possible, histoire qu’un des guides se lève d’abord, prenne une ou deux bouteilles plastique vides dans les ordures de la veille, et allume le feu. Mais souvent, je suis la première levée, et me refuse à pareille hérésie écologique. Hypocrisie, quand tu nous tiens. Je suis quand même bien contente que le guide ne commence pas par aller chercher brindilles, petit bois et autre : avec les bouteilles, on a un bon gros feu qui prend très vite, suffit de ne pas respirer les premières minutes ! Il y a aussi les nausées. Il est trop tôt pour annoncer ma grossesse. Alors je vomis discrètement, laissant le groupe prendre quelques mètres d’avance sur les sentiers quand on marche. Et puis le matin, s’éloigner un moment, chacun le fait, pour ses petits besoins personnels, alors… Le dernier jour, notre trek comprend la traversée d’une partie escarpée de la forêt à dos d’éléphants. J’ai l’habitude, ça ne me fait pas peur, on a déjà fait ça souvent. On n’est pas en Thaïlande pour rien. L’éléphant, bien que très inconfortable, c’est rapide, ça passe partout, et ça n’est pas trop fatigant. Mais ce jour-là, c’est l’horreur absolue. Un éléphant, normalement c’est rapide. Mais là, une des éléphantes a son bébé avec elle. C’est la première sortie du petit, et la troupe se met donc au rythme du bébé, qui s’arrête téter, jouer, et petit à petit, les deux heures prévues se transforment, s’allongent. Ma vessie ne tient plus. Je demande cent fois au mahout quand on arrive. Cent fois il me répond dans dix minutes. Cent fois j’espère tenir, oubliant la philosophie thaï qui impose de donner au client la réponse qu’il attend. Mais je n’en peux plus. Je me mets à pleurer. Ramsès fait arrêter la colonne d’éléphants, le mahout fait coucher le mien, je descends avant même qu’il soit entièrement couché et cours dans la forêt. Énorme soulagement. Je refuse de remonter sur cet animal de malheur. De toute façon, au rythme du bébé, je peux à peu près suivre (au rythme des adultes, c’est impossible). Je n’en peux plus, ça fait cinq heures que nous avons commencé cette balade de deux heures. Je préfère marcher à côté des bestioles. Le terrain est escarpé et le rythme soutenu, mais je m’en fiche. L’éléphant a beau être plus adapté au terrain que la femme enceinte, je ne remonterai pas ! Je ne mettrai plus les pieds sur ce truc-là ! plus jamais !

Jusqu »à la rivière ! Pas moyen d’y échapper. C’est profond et le courant rapide. Il faut que je m’y résigne, je ne peux pas traverser sans éléphant ! Il se couche, je grimpe sur sa patte avant (c’est le marche-pied avant de se hisser sur le dos), ce connard commence à se relever avant que je sois sur son dos. Je m’agrippe à la chaise en bambou comme je peux, à l’endroit ou dépasse un vieux clou rouillé. J’ai le pouce ouvert sur un demi centimètre de profondeur. Je n’ai jamais contenu autant de rage.

Même les éléphants mettront un bon moment à traverser, assurant chaque pas avant de transférer leur poids d’une patte sur l’autre. La mère gardera son bébé près d’elle, le protégeant du courant, le faisant nager et le tenant avec sa trompe.

Je n’étais plus jamais remontée sur un éléphant.

Jusqu’à notre retour à Ao Nang.

Un anniversaire hallucinant

Aujourd’hui, Ariane était invitée à l’anniversaire d’une copine (5 ans), au bowling. Ça m’a un peu étonnée, mais je me suis dit qu’il devait y avoir, comme dans beaucoup d’endroits de loisir ici, une salle prévue à cet effet. Ben non. Et puis au bowling, ils n’étaient même pas au courant. Les 31 (oui oui, 31) gamins se sont retrouvés à la charge des 2 parents un peu débordés. Moi, je suis restée, et un autre couple de parents aussi, parce qu’Ariane n’a pas voulu que je la laisse seule. D’abord, il y eu 31 paires de lacets à faire. Puis on s’est aperçu qu’il n’y avait des toilettes que 2 étages plus bas (évidement, Ariane n’a osé demandé qu’à moi !), puis les boules était bien trop lourdes. Alors une maman et moi, on a ratissé le bowling pour trouvé toutes les boules de moins de 10 kilos, ce qui a 5 ans, était encore bien trop lourd. Le papa a commencé à essayé de leur apprendre à mettre les bons doigts dans les bons trous, et comme aucun des gamins ne pouvait soutenir le poids de la boule avec une seule main, j’ai proposé une autre méthode : jambes écartées, boule au sol entre les jambes, et on pousse derrière la boule avec les deux mains le plus fort possible. A cet âge, une fois partie, la boule met dans les 10 minutes pour atteindre la zone des quilles. Heureusement, il y a un système pour mettre des barrières et que les boules ne tombent pas dans la rigole sur le côté, sinon aucune des boules n’aurait jamais atteint une seule quille ! Ariane, ça l’a amusée pendant à peu près 6 lancers, puis elle est venue dans mes pattes. Elle avait froid et faim (faut dire qu’il faisait dans les 12°C et qu’il était déjà midi et demi.) Au bout d’un moment, je lui ai acheté quelque chose a grignoter parce qu’elle ne tenait plus. Ça l’a requinquée et elle est repartie jouer au bowling et commençait à y prendre vraiment plaisir quand une autre gamine, a qui on avait essayé à nouveau d’apprendre à mettre correctement ses doigts dans sa boule, a laissé échapper sa boule sur le doigt d’Ariane, maintenant dans les tons rouges et violets ! Le repas a été servi à plus de 13h (les enfants mangeant tous les jours à 11h30, ça faisait long pour beaucoup d’entre eux.) Au menu : des frites, et aussi des frites épicées (pas touchées par les gamins), des sandwiches, et des samosas épicés aussi. Puis le gâteau est arrivé, on a chanté, mangé. Puis quand même, on est parti. Les 31 cadeaux seront comme d’habitude ouvert à la maison, privant celui qui offre du plaisir de voir la récation de l’enfant qui reçoit.
Et le pire ? C’est qu’un papa qui n’était pas arrivé à nous joindre en a profité pour inviter Ariane à l’anniversaire de sa fille demain, dans un autre lieu du même genre!

Les marées et moi

Il y a dans les environs un lieu qui a plusieurs noms : fossil beach, shell cemetary, et d’autres du genre. J’avais assez envie d’aller chercher des jolis fossiles de coquillages sur une belle plage de sable fin.

Comme ce matin, il ne faisait pas très beau et que la mer était mauvaise, on a abandonné l’idée d’aller dans les îles (Bouh, fini le snorckelling avant je ne sais combien de temps) et d’aller voir ce qu’il en était de ce coin aux noms variés. Nous avons donc pris un songtheaw qui roulait comme un fou à 200km/h, comme un songtheaw, quoi. Et pour 40 baths (moins d’un euro) nous voici arrivés. L’endroit n’était pas du tout tel que je l’avais imaginé. D’abord, pas de plage réelle à cette heure-ci, la marée était au plus haut. Va vraiment falloir que je me mette à tenir compte des marées, ce n’est pas la première fois que je me fais avoir. Ensuite, ce ne sont pas les coquillages, qui sont fossilisés, mais la plage entière. Il y a donc d’énormes plaques de coquillages fossilisés.La plupart sont d’ailleurs sous l’eau, à cette heure-ci. C’est intéressant, protégé et mis en valeur pour cause de phénomène naturel unique dans le coin, mais il n’y a pas de quoi y passer la journée, et surtout pas de possibilité de se baigner. Nous avons donc fait le tour assez rapidement. Heureusement, pour consoler les imbéciles qui viennent à marée haute, il y a 75 merderies l’une à côté de l’autre. (Une merderie, c’est bien évidement un magasin de merdes !) On y trouve des horreurs absolument abominables : bateaux, paons, mobiles de toute tailles et toutes couleurs en coquillages, sans compter les myriades de saloperies plastiques. Sacha s’est donc fait offrir une paire de jumelles de qualité supérieure. Ariane, malgré nos conseils, avis, et suggestions, a opté pour un chat en peluche à paillettes hideux, qui miaule ! On n’aurait pas pu trouver pire.

Nous sommes donc rentrés assez tôt à l’hôtel pour pique-niquer au bord de la piscine avant la sieste.

Notre séjour se termine et ça m’attriste. Il y a encore  tant d’îles que je voulais voir. Et je n’ai même pas vu de poisson clown ! Et pas eu ma dose de snorckelling ! Y a pas à dire, faudra qu’on revienne. J’aime vraiment ce coin.

Demain, à cette heure-ci, on sera en route pour l’aéroport, la maison, le boulot, les courses, la cuisine…

Ouiiinnnn ! Rentière à Ao Nang ! En voici, un but dans la vie!

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