sablier du printemps (1)

Maintenant que l’affaire est médiatisée, que non seulement les sites internet, mais aussi la radio et la télé parlent de l’affaire, je me sens plus libre d’en parler.

J’ai eu tort, je le reconnais. Mais ce qui aurait été pis comme pour une blague un peu bête entre amis a pris des proportions que je n’imaginais pas. Tout cela à cause de sa célébrité, de son poste. Même mon avocat, peu optimiste, m’a prévenue.

Certes, je n’aurais pas dû. Je le regrette, maintenant. Mais ça fait des années que j’occupe ce poste de lingère, et depuis l’arrivée du nouveau patron, jamais je n’ai été aussi peu considérée. Il y a bien longtemps, le patron, on le voyait, parfois. Il disait bonjour. Le nouveau ne nous voit pas. Pour lui, nous n’existons pas. Je ne sais même pas s’il sait combien nous sommes à travailler ici, ni qui nous sommes, ce que nous faisons.

Alors bien sûr, on est amers. et quand j’ai trouvé son portable allumé, oublié dans la poche de sa chemise sale, je n’ai pas pu m’en empêcher.

J’ai pianoté dessus, et au milieu de tous ces noms que je ne connaissait pas, ou alors à peine, j’ai vu Cécilia. Sans réfléchir, j’ai tapé le SMS. Comment pouvais-je savoir qu’un journaliste le saurait ? Comment pouvais-je imaginer les conséquences que ça aurait, les proportions que ça prendrait.

Quand le journaliste a été embêté, j’étais vraiment gênée. J’ai pensé me dénoncer. Mais je me suis dit qu’il pouvait mieux se défendre que moi. Il est instruit, lui. Et j’avais vraiment besoin de ma place. Je ne voulais pas la perdre. Quand le patron a retiré sa plainte, j’ai été soulagée. Je pensais que ça s’arrêtrait là, que toute cette histoire était finie. Je ne sais pas comment il sont arrivés jusqu’à moi, comment ils ont su. Je n’en ai jamais parlé à personne. J’ai remis le portable sur un meuble près de son bureau, je pense que peut-être, quelqu’un m’a vue.

En tout cas, maintenant, je suis en garde à vue. ils veulent savoir ce que j’ai fait d’autre avec le portable. Mais rien. Mon avocat dit qu’on parle de moi partout, sur Internet, dans les journaux. Alors moi aussi, je veux parler. Après tout, c’est moi qui sais le mieux comment ça c’est passé.

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4 commentaires sur “sablier du printemps (1)

  1. Bonjour!
    C’est incroyable de constater à quel point le petit monde de sarkozy a envahit les blogs. Matin désoeuvré: je vais d’abord sur le blog de http://gromit.blog.lemonde.fr/2008/03/21/texto-surprise/#comments . Paf carla
    Puis http://traverses.blogs.liberation.fr/yves_michaud/ on dérive un peu c’est le mariage de cécila
    et puis http://montexasamoi.blog.lemonde.fr/ et votre blog et encore eux! même à kuala ils sont là! Etonnant, non?

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  2. J’adore ! J’imagine très bien la tête de la lingère… en fait, je m’imagine bien être la lingère, au moment de ce petit moment de folie qui lui fait composer le SMS… Voilà donc l’explication que tout le monde attendait !

    Et oui, Catherine, on est tous influencés par Sarkozy, à vrai dire je pense qu’on a besoin d’écrire sur le sujet pour se défouler, pour purger notre stupéfaction face à tous les rebondissements de sa vie, sans compter qu’ils sont plus romanesques les uns que les autres… Amours, mystères, complots…

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  3. Ah, enfin une manière très interessant de parler de lui: ne pas le citer! Pas une seule fois son nom n’apparaît. On sait pourtant, grâce à ton portrait criant de vérité qu’il s’agit de lui….dommage qu’il faille citer Cécilia….je pense que tu aurais pu t’en sortir sans!

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