Annulation

Je ne sais pas quoi en penser.

Non pas des attentats, bien sûr.

Mais de l’annulation de la fête des lumières à Lyon. Ça me touche, c’est chez moi.

Ne pas prendre de risques? Jouer le jeu des islamistes? Passer à autre chose?  Empêcher les gens d’aller se geler des heures dans le froid et la nuit de décembre? Le leur déconseiller tout en leur en laissant la possibilité? Rester terré chez soi par choix? Par obligation? Comment réagir? Évidement, niveau concentration de population, ça se pose un peu là. Quel est le vrai danger, un attentat ? Une bousculade suite un une grosse trouille ? Difficile à dire.

Quelle tristesse!

Ici évidement, on se sent concerné. On parle sécurité à l’école, sans savoir vraiment quoi faire d’ailleurs. On est super fort pour les évacuations, mais pour le confinement ? L’exfiltration discrète de gosses ?

Le gouvernement, arrogant comme toujours, prétend que de tels événements ne pourraient pas se produire ici. Ben voyons!

La seule raison que je vois à cette impossibilité, c’est qu’ici, c’est la plaque tournante du terrorisme. Le bon endroit pour les meetings, les rencontres islamistes. Alors on se dit qu’ils n’iraient quand même pas cracher dans la soupe! D’un autre côté, si ces mecs réfléchissaient comme nous (réfléchissaient tout court ?), ça se saurait. Impossible de se mettre à leur place. C’est ce qui les rend imprévisible, d’ailleurs.

On a les problèmes qu’on peut.

Ici, nous vivons en bonne harmonie avec les lézards. Ça mange des moustiques!

Mais parfois, ça coince.

Comme aujourd’hui.

Où alors que j’ouvrais le lave-vaisselle pour y mettre une pastique et le mettre en route, un petit lézard s’est glissé à l’intérieur. Comme je ne souhaite pas commettre de lézaricide, j’attends qu’il sorte. Lave-vaisselle grand ouvert. Profitant des odeurs de vaisselle de la veille par 30°. Depuis deux heures.

Cheese contest

Avant les vacances d’été, nous avons été invité à diner par un ami allemand. Il y avait lors de ce diner d’autres personnes, bien sûr, dont un ami anglais. Et oui, personne n’est parfait! Or cet anglais, charmant, a essayé d’embobiner la tablée en racontant que les meilleurs fromages du monde étaient anglais. A qui voulait-il faire croire cela? A d’autres peut-être, mais surement pas à des français! Bref, le ton a monté et il a été décidé que nous ferions à notre retour un concours. Chacun rapporterait des fromages de son coin, et nous nous retrouverions autour d’un plateau bien garni.

Rentrant les premiers, nous étions désavantagés. Pas moyen de garder un mois au frigo un chèvre frais ou ce genre de petite gâterie. Or congelé, ce n’est pas aussi bon.

Nous avons donc fait emballer quelques merveilles sous vides. Les anglais sont rentrés. Puis les derniers : les allemands. Et à partir du jour où les allemands sont rentrés, les anglais ont disparu. Pas de mail, pas de réponse à nos coup de fil. Rien. Le silence complet. Terrorisés, ils se terraient. (Et les résultats du rugby ne faisaient rien pour arranger les choses.)

De guerre lasse, et avant que le fromage s’abime, nous les avons considérés démissionnaires. Forfait! Perdu! Na!

Et on s’est quand même fait, avec quelques allemands et hollandais, une super soirée fromage.

Et nous avons gagné haut la main!

Non mais! Déjà qu’ils ont brûlé Jeanne d’Arc.

fromages

Chauves

En général, en France, on prend des kilos, mais par contre, nos cheveux, eux, périclitent. Et quand nous rentrons ici, ils reprennent leur forme. Mes cheveux blancs reprennent leur couleur, ils reprennent du volume. Bref, fini la paille sur la tête.

Et cette année, à notre retour, rien ne se passe comme d’habitude. Ariane et moi perdons nos cheveux par poignées. Réellement. C’est l’horreur absolue. Quand on se brosse, il faut nettoyer la brosse au moins trois fois sous peine de ne plus voir les picots.

Alors on a paniqué.

Nous sommes allées chez le médecin. Que ça a fait beaucoup rire. Notre médecin est un peu particulier. Il se marre tout le temps, joue au golf dans son cabinet, nous extorque des fortunes. Et nous a gentiment expliqué que c’était une des conséquences de la dengue. Et qu’en gros, il voulait bien nous prescrire des massages de tête à l’huile de noix de coco, des pilules d’huile de poissons, des vitamines en tout genre, ça allait quand même encore durer un certain temps. Ça me fait un peu peur, parce que ma tresse n’a jamais été bien épaisse, mais elle ressemble de plus en plus à une queue de rat, actuellement.

La dengue :

début juin, Sacha et Ariane ont eu la dengue. Comme tous les enfants, une fois le diagnostique tombé, ils ont été hospitalisés. C’est Ramsès qui y est allé avec eux. Il gère mieux ce genre de choses que moi. Durant 5 jours, il a donc dormi sur un fauteuil entre deux lits médicalisés. Moi j’ai fait l’intendance, apportant du linge propre, rapportant le linge sale, apportant des petits plats (la nourriture d’hôpital est pire que celle d KLM et seuls les malades ont un repas, or Ramsès n’est pas le genre à jeuner, surtout 5 jours). J’ai acheté des légos pour occuper les petites mains, apporter des films, des ebook. Le tout en bossant et en ayant Alice avec moi, bien sûr.

J’ai tout fait pour protéger Alice, et j’ai réussi. Mais moi, à peine les enfants sortis de l’hôpital, j’ai eu la dengue. Et ça s’est moins bien passé que pour les enfants. On a donc échangés les rôles. Moi à l’hôpital, les grands enfants dans l’avion direction Amsterdam, Ramsès à l’intendance/boulot/gestion d’Alice.

Quand je suis enfin arrivée en France pour les vacances, je n’avais qu’une envie : dormir 16 heures par jours!

recherche Charlie désespérément

Quelques personnes ici aimeraient lire Charlie.

En anglais.

Mais ici, bien sûr, il n’est pas en vente. Et je ne trouve pas le PDF sur le net.

J’ai bien essayé l’application sur leur site, mais je me suis heurtée au charmant message « l’application sélectionnée n’est pas disponible pour votre pays ».

Si certains arrivent à mettre la main dessus, pensez à moi. Un petit message dans les commentaires et je vous donne mon adresse mail.

Merci.

Je suis Charlie

Comme tout le monde où presque en ce moment.

Les enfants ont été bien choqués. Sacha voulait donner la totalité de son argent de poche à Charlie. Ariane voulait suivre le direct du monde avec moi (entre la violence probable de l’assaut et le décalage horaire, ça a été un non catégorique de ma part). On a regardé ensemble la plupart des dessins publié en réaction aux événements.

Je n’ai jamais apprécié Charlie Hebdo. J’ai toujours adhéré à leurs idées, mais ai toujours trouvé les dessins trop grossiers et vulgaires. J’ai même râlé contre eux lorsqu’en 2012, un dessin parmi d’autres avait fait fermer l’école ici.

Mais aujourd’hui je suis Charlie.

Ici les gens ne comprennent pas. Les journaux présentent les journalistes et dessinateurs de Charlie comme cathos! Anti-islam. Être athée n’est pas envisageable. L’idée de la liberté de la presse n’est pas comprise. L’idée d’une manifestation fait peur. Ils pensent que c’est la guerre civile.

J’aurais bien aimé que les deux connards de frangins soient sortis de leur trou vivants. Je les auraient abonné à Charlie Hebdo à vie, histoire de s’instruire en cellule.

Demain soir, j’irai à l’ambassade participer au rassemblement prévu. Avec les enfants.

Qui m’ont demandé ce qui allait s’y passer.

Je n’en sais rien.

A mon avis, un livre de condoléance, une minute de silence, une marseillaise. Si c’est ça, c’est pour nous, pas pour eux. Ils auraient préféré un livre de gribouillages et une chanson paillarde, j’en suis sure. Quelle trahison!

Bref, on verra bien ce qui se passe. Si j’ai un peu de temps, je vous raconterai.