Une vraie fille

Lundi, je chante (pas toute seule, hein, avec plein d’autres) chez M. l’ambassadeur d’Allemagne. Et je ne pouvais pas y aller avec un vieux futal taché de peinture qui me reste de Thaïlande et un T.shirt légèrement déformé, tenue que j’adopte quasiment tous les jours. Et puis mes sandales, mes tongs, mes basquettes, ou mes rollers, ça ne faisait pas l’affaire. Alors heureusement, mercredi dernier, une des nanas de la chorale, une française et avec qui je m’entends bien, a pris les choses en mains. Elle m’a embringuée dans des boutiques où je n’aurais jamais imaginé avoir l’idée de risquer d’y mettre les pieds. Elle m’a fait essayer en moins d’une heure plus d’une dizaine de très longues robes noires (tenue officielle pour la soirée). D’habitude, enfiler dix robes différentes, c’est plutôt un truc qui se compte en décennies, chez moi, et encore, aidé par les robes de grossesse auxquelles je n’ai pu échapper.

Ensuite, il y a eu les chaussures et à TALONS. Quand on sait que quand j’ai besoin d’une paire de chaussures, en général, je fais 20 magasins avant de renoncer à acheter quoi que ce soit, on comprend que cette journée tenait du miracle. Lundi, je vais même avoir droit au maquillage, histoire de me rappeler mes années de compet, voire aux boucles d’oreilles.

Le plus dur, lundi soir, ne va donc pas être de chanter, mais d’arriver à me déplacer sans me tordre une cheville, marcher sur ma robe, ou me demander qui est la pétasse qui me regarde là-bas en face dans le miroir!

En attendant, je vais réviser mon allemand !

Et pour les photos, va vraiment falloir être très très sage…

Cantus musicus

Comme nous donnons bientôt un concert et que je vais louper deux répétitions de chorale pour cause de vacances, j’ai emporté mes partitions, ma flûte, et je travaille un peu ici. Aujourd’hui, j’ai laissé Ramsès s’occuper des enfants pendant la sieste (c’est lui qui s’est endormi le premier) et je me suis installée à l’ombre d’un frangipanier. J’ai chanté une heure. Ca commence à rentrer, surtout que comme je ne me suis pas égosillée toute la semaine après mes petits et bruyants élèves, c’est plus facile d’avoir un peu de voix. Bon, faudra quand même revoir tout ça ensemble, avec les 4 voies, les nuances et tout, mais au moins, j’ai mis les paroles (c’est de l’allemand !) le rythme et la mélodie en place. C’est toujours ça. Et puis franchement, même si j’aime beaucoup l’église où l’on travaille d’habitude, le cadre ici nettement plus agréable.

Mon transat sous le frangipanier :

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cantus musicus, rentrée réussie

Très réussie, même : il y a avait du fromage, et du français, en plus.

Un des chanteurs fêtait son anniversaire, et au lieu d’apporter les infâmes gâteaux plein de crème colorée qui courent les rues en Asie, il avait du Reblochon, de la Tome, et du Fougère, du pain et du vin rouge. Bien évidement, même si la plupart ont goûté, certains chinois, peu habitués à ces saveurs et odeurs, ont eu du mal. Avec l’un d’entre eux, on a donc discuté fromages, et il était terrifié à l’idée de l’affinage. Qu’un fromage puisse être consommé un an après avoir été fabriqué le dégoutait, l’odeur le dégoutait, et on en est arrivée à l’évidente conslusion : il faut être né avec pour vraiment apprécier. Et une autre conclusion, mais qui est, celle-ci, peut-être un peu obscure pour les purs occidentaux : le fromage, c’est le durian français!

Tout le monde avait apporté quelque chose, crudités, chips, boisson… Un faux pas quand même : au mileu de sandwiches au thon, aux oeufs, au concombre bien d’ici, il y en avait quelques uns au chocolat ! Avec le fromage, c’est un peu rude. Fort heureusement, j’ai vu un tenor (hollandais en plus, de l’autre pays du fromage !) se faire avoir avant moi, alors je me suis méfiée.

cantus musicus, rentrée ratée

Pas ratée pour tout le monde, je vous rasure, juste pour moi.

Je me faisais une joie de cette reprise. J’avais classé toutes mes partitions par ordre alphabétique, mis tout ça sous plastique. Je me préparais aux nouveaux chants annoncés, mon sac était prêt dès le milieu de l’après-midi. Ca allait me faire du bien, c’était sûr. J’allais revoir d’autres têtes que celle du boulot, et avoir à nouveau un loisir rien que pour moi. Faut dire que les vacances n’ont pas été de tout repos, et j’attendais avec impatience ce moment sans les enfants.

Et une heure avant le départ, il a fallu hospitaliser Sacha.

Alors au lieu de me détendre, je suis morte d’inquiétude pour ce petit bout qui va de mal en pis.

Une petite messe de temps en temps…

… ça ne peut pas faire de mal.

A part aux pieds.

Ce soir, concert de carols à l’église dans laquelle nous répétons d’habitude. Bien sûr, quelques bondieuseries entre les chants, sinon, ça ne sert à rien d’aller à l’église ! C’était bien. L’église est chouette, petite, mais avec un orgue. Comme ça faisait 4 soirs cette semaine, les enfants et Ramsès ont râlé, mais bon, tant pis pour eux.

C’était bien. Notre chef de choeur avait l’air contente, les gens aussi. Mais promis, j’arrête de chanter que Dieu est né pour nous et autres conneries au moins jusqu’au prochain concert !

Des nouvelles de Cantus musicus.

Je continue la chorale ! Ca n’est pas toujours évident, et les enfants râlent parce que je m’en vais (en plus, en ce moment, il y a des concerts, donc aussi des répétitions en plus, donc ils râlent encore plus !) Et forcément, Ramsès aussi, parce que pendant ce temps, c’est lui qui assume les enfants. Mais je m’accroche. Quand j’ai un moment, je travaile mes chants, mais pas assez. Par exemple, aujourd’hui, j’ai pu chanter 45 minutes, et je n’ai travaillé que 4 des chants qu’on chantera dimanche au prochain concert! encore du boulot en perspective.

En parlant concert, il y en avait un hier. 400 suédois en costard ou robe de soirée dans la salle, nous et une quinzaine de gamins blondinets déguisés en ange et lutins du Père-Noël sur la scène. Chacun notre tour, nous avons chanté nos parties(tions) respectives.

Ca m’a un peu rappelé la compet en patin. Certes, ça n’a rien à voir, mais j’ai retrouvé les mêmes moments : visite de la salle (patinoire) vide, pour un coup d’essai, puis enfermement tous ensemble dans une salle (vestiaire), puis on retrouve la salle pleine, sous la lumière. Et plus le droit de papoter, de se planter : on reste concentré, on fait particulièrement attention aux petits trucs plus compliqués, ou sur lesquels on a tendance à se planter, puis on se laisse emporter par le plaisir d’être là, on ne quitte pas des yeux le chef de choeur (l’entraineur), essayant de déchiffrer sur son visage contentement ou mécontentement, puis c’est fini. Bon, ici, pas de notes, pas de compétition, (ça manquerait presque…) mais le ressenti est le même. Après, certains vont faire la fête. Ceux qui se connaissent bien, ou qui ont le temps. Moi, je rentre, parce que je suis crevée, que je circule en taxi, que je me lève tôt… Bon, pour le patin, j’étais plutôt de la fête, mais on vieillit, que voulez-vous !

Pour les entrainements (pardon, les répétitions), c’est aussi un peu pareil qu’au patin. Il y a les retardataires, ceux qui se font gronder parce qu’ils bouquinent (refont leirs lacets) pendant l’échauffement, les doués et les moins doués, ceux qui posent des questions, ceux qui demandent aux autres de poser les questions à leur place, ceux qui s’en fichent d’être absents et ceux que ça ennuie, ceux qui donnent des conseils au coach et ceux qui obéissent sagement…

L’avantage de la chorale, c’est qu’on n’a pas de régime à faire, et jamais de courbature.

L’inconvénient, c’est qu’il faut absolument que j’achète un milliard de fringues (il y a des dress-code différents selon les concerts, et, pour ceux qui me connaissent, vous savez que mon placard ne contient que les cadeaux planqués pour le Noël des enfants et quelques vêtements qui ont au moins 3 ans, des taches de peinture dessus et qui ont été déformés par mes grossesses !) Ne parlons pas des bijoux. Pour le dernier concert, il fallait un truc rouge, Noël oblige, j’ai du piquer une fleur dans une décoration dans la salle (Je l’ai remise après, juré!)

L’intérêt des concerts, c’est que comme on doit toujours être très en avance, j’ai du temps pour faire connaissance avec les gens. C’est très sympa, parce qu’il y a de tout. Beaucoup de chinois et de blancs, peu de malais. Tous les âges : de 21 ans à je ne sais combien mais beaucoup. Des râleurs, des sérieux, des poupées barbies et des poupées de chiffon. Il y a aussi toutes les voix, mais certains chantent vraiment très bien. Moi, je progresse, j’arrive de mieux en mieux à contrôler la force, l’intonation, la respiration, et avec l’habitude, la lecture des notes devient plus facile, mais je joue encore dans la cour des petits. Tous ont l’air sympathiques, et font tout ce qu’il peuvent pour bien m’intégrer, ce qui n’est pas facile, vu que mon anglais est loin d’être terrible et que je suis quand même un peu farouche.

Ce qui m’a le plus épatée, c’est que parmi eux, certains ont lu mon blogue. Je ne sais pas comment, ou alors ils parlent tous français mais le cachent bien, mais certains m’ont dit avoir lu mon blogue! J’hallucine!

En concert

Aujourd’hui, j’ai fait mon premier concert avec ma chorale (la vraie où je chante, pas celle de l’école.) Pour un premier concert, c’était facile, juste deux chansons de Noël à l’inauguration d’un bazar dans un grand hôtel. Mais pas devant n’importe qui : pas moins de 3 ambassadeurs dans la salle.

Ramsès, Sacha et Ariane étaient là. Seul Sacha m’a dit ce qu’il en pensait : il a demandé pourquoi dans cet hôtel, il n’y avait de coq, et pourquoi je n’avais pas chanté les chansons de sa crèche.

cantus musicus

Grâce à la prof d’anglais des maternelles, j’ai enfin une activité ! Après m’être désolée de ne pas trouver de danse à mon goût, je me console avec une chorale. Nous sommes entre 35 et 40 personnes. La plupart sont de vrais musiciens, la moyenne d’âge assez élevée. Rare dans une chorale : il y a assez d’hommes. Nous chantons des chants de tous les pays, plutôt chants traditionnels, toujours à 4 voix, et c’est drôlement difficile. La première fois que j’y suis allée, j’étais avec une copine, la chef de choeur a distribué un nouveau chant (en hollandais), tout le monde a fait hummmm pendant 5 minutes, elle a joué une fois au piano chaque voix (13 pages, quand même) et c’est parti ! Je me suis sentie un peu dépassée. Alors la semaine qui a suivi, j’ai essayé de travailler tous les jours, avec ma petite flûte à bec pour chanter juste. La deuxième fois, j’étais donc plus à l’aise. Mais ma copine, qui ne lit pas la musique, va sûrement abandonner. Moi, je vais m’accrocher. Le problème, c’est pour travailler à la maison. Quand les enfants ne dorment pas, ils ne me lâchent pas et je ne peux pas bosser, surtout que Sacha, grand musicien, veut toujours me piquer ma flûte. Quand ils dorment, ben, j’essaie de ne pas les réveiller, alors le chant et la flûte, c’est compromis…