Bali

Bali

Me voilà à Bali avec 16 élèves de l’école.

Bali, ça fait longtemps que je n’y suis pas venue. Bali est une autre Asie. L’Asie que j’aime et qui manque un peu à Kuala. L’Asie bordéleuse, l’Asie avec ses vendeurs ambulants partout, l’Asie des gens sympathiques et ouverts, l’Asie avec les arbres qui poussent au milieu de la route mais qu’on a trouvés dommage de couper… L’Asie, quoi !

Dès les premières minutes, on retrouve les immenses drapeaux de feuilles séchées, les statues habillées de vichy noir, les vendeurs d’essence en bouteille, les vendeurs de bouffe ambulant. Et malgré le trafic continu, une impression de calme et de sérénité. Peut-être l’effet campagne. Très occupé, on n’a pas encore vu la mer alors que nous sommes arrivés hier, mais déjà des rizières étagées typiques du coin, des buffles dans les rizières, les rizières qui brûlent.

L’école est minuscule, vraiment à la campagne. Elle me rappelle un peu l’école primaire de Bangkok avant déménagement : maison d’habitation transformée, jardin avec de la vraie terre et de la vraie herbe dedans. La preuve : les enfants y jouent aux billes : jeu entièrement disparu chez nous pour cause de béton intense. A court terme, où avec des enfants très jeunes, ça ferait presque envie. Nous, on est trop vieux. Ariane va entrer dans l’adolescence, je pense qu’une communauté un peu plus grande, c’est mieux.

En tout cas, malgré la fatigue inhérente à toute classe verte, ça fait du bien d’être là.

 

A Bali, j’ai fait du ketcak! Trop fort! 2 mecs ne parlant que bahasa arrive à encadrer 120 personnes d’un coup et à arriver à un spectacle en 3 heures d’atelier. Chapeau bas!

Ils se sont tous moqués de moi

Mardi dernier, concert chez l’ambassadeur d’Irlande.

Ce sont des gens adorables, qui nous reçoivent comme des rois, plein d’humour… Bref, j’aime bien y aller. J’aime l’avant concert, le concert, et l’après concert.

Pendant l’après concert, je discute avec quelques expats, de tout et de rien et entre autre de la chute de l’euro. On parle des différents types de contrats, ceux qui ont des salaires indexés sur la livre sterling sont ravis (ce n’était pas le cas il y a un peu plus d’un an…) bref, on parle monétaire, taux de change, crise, Grèce et j’en passe.

J’explique qu’étant payée uniquement en euros et n’ayant des dépenses qu’en ringits, j’ai donc perdu 20% de mon salaire en deux mois et que ça commence à se sentir.

Et j’ajoute que comble du comble, l’école me paye (indirectement certes) en euros mais que je dois payer les frais de scolarité de mes enfants en ringits.

Je les avais rarement entendu rire autant!

Moi, moins.

Saïgon

La première fois que j’ai mis les pieds en Asie, c’était au Vietnam, à Hanoï, il y a exactement 11 ans, à quelques jours près.

Dès mon arrivée à l’aéroport, et encore plus durant le trajet qui nous menait de l’aéroport à la maison, je me suis dis que la terre était en fait plusieurs planètes. Il n’était pas possible que ce que j’avais sous les yeux se passe sur la même planète que ce dont j’avais l’habitude. Pourtant, j’avais déjà pas mal bougé. Mais ce monde-là, c’était la première fois.

J’ai tout adoré. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’année d’après, j’écrivais à la plupart des lycées français d’Asie, et encore quelques mois plus tard, j’y habitait. Je n’ai plus quitter l’Asie depuis, et ne suis pas prête de le faire.

Aujourd’hui, je suis à Saïgon. Arrivée hier soir. Et dès hier soir, les souvenirs sont revenus. Les rues à traverser. Qui n’a jamais essayé de traverser une rue au Vietnam ne peut comprendre. Circulation intense et continue, motos et voitures. Pas un passage piéton. La technique, je la connais : ce n’est pas le genre de chose qu’on oublie : se lancer, et traverser doucement, sans s’arrêter, sans reculer, sans accélérer, au milieu des klaxons. Dans la théorie, je me souvenais. Mais ce que j’ai retrouvé avec délice et terreur, c’est la sensation. Ma copine était terrorisée et j’ai du la prendre par la main pour l’aider. Elle a décrit cette expérience comme étant la plus extrême de sa vie. Pas étonnée.

J’ai retrouvé aussi les hommes, toujours entre eux au restaurant, où l’on voit très peu de femme. Restaurants dans lesquelles les cartes sont hallucinantes. Au moins autant de pages qu’une bonne nouvelles, les plats étant classés par viande. Fait dire qu’on nous en propose un certain nombre : bœuf poulet et quantité de sea-food, mais aussi grenouille, kangourou, chèvre, et autres…

J’étais chez des expats la première fois, dans une petite baraque d’un quartier populaire, je suis dans un hôtel super luxe cette fois-ci, je suppose donc que je n’aurais pas droit au vendeur ambulant venant hurler « pain de mie oï! » devant la porte au petit déjeuner. Dommage.

Je suis aussi là pour trois jours uniquement, et trois jours à bosser dans l’hôtel. Je n’aurais donc guère le temps de visiter et de profiter. Ma récolte de photo devrait donc être très pauvre, et ma frustration inversement proportionnel.

En attendant, je vais découvrir le buffet du petit dej, qui devrait me réconcilier avec la vie pour quelques heures.

Le pied!

Cette année, je travaille à mi-temps.

Ça fait 10 ans que je bosse énormément, et cette année, ça arrange à peu près tout le monde, c’était donc le moment de faire une petite pause.

Ces deux dernières semaines, j’ai encore bossé comme un âne. Bon, il fallait, hein. Beaucoup de choses à mettre en place avant la rentrée. Puis la rentrée. Puis hier.

Hier, jeudi, donc, j’ai fait ma journée de classe, j’ai rangé mes petites affaires, et j’ai dit « BON WE » à mes collègues un peu fumasses. Et ce matin, je me suis levée à 8h. Une bonne nuit de 10h, je me sens fraîche et dispo.

je vais pouvoir bien bosser, donc. Oh, je blague ! Juste deux ou trois petites heures parce qu’il y a encore des outils nouveau à mettre en place, puis après, du temps pour moi.

Au programme aujourd’hui : chanter (bientôt pas mal de concerts importants), réparer la pelleteuse filoguidée de Sacha, faire des yaourts, et peut-être, si j’ai envie, commencer à fixer des tableaux dans la maison.

Formation professionnelle

Je suis une vraie business women!

Après le diner d’affaire (j’avais mis un pantalon en lin beuge et un chemisier bordeau, pour ceux que ça intéresse), la formation professionnelle.

Comme on a un tout beau mur d’escalade tout neuf (dont on ne peut pas encore se servir, certes) à l’école, il nous faut une formation à la sécurité sur ce genre d’équipement.

Donc aujourd’hui, formation escalade de 9h à 13 h.

A 9h, j’arrive donc à l’école avec ma petite tenue de sport, ma bouteille d’eau et de quoi noter.

La plupart des collègues sont déjà là, eux aussi en short, jogging ou autre.

A 9h10, pas de formateur.

A 9h15, quelques collègues ont sorti les ballons et se font un pseudo-volley, d’autres jouent avec les monocycle (quand il y a les éèves, on n’ose pas essayer), certain explorent déjà le mur. Mais pas de formateur.

a 9h20, on téléphone au formateur, tout étonné. Il pensait vraiment que la formation, c’était ce soir.

De 21h à 1h du mat…

Ca va pas être possible, ça.

Soirée Lycée

Vendredi soir avait lieu la soirée de fin d’année du lycée. Ben il n’y en avait pas eu des comme ça depuis BKK !

Notre proviseur est un fêtard, Anne-So, une nana super géniale qui malheureusement part pour Hong-Kong avait pris les choses en main, nous « obligeant » presque à y participer. Quand je lui ai dit que j’étais moyennement motivée, elle m’a annoncé un « Je vous inscris, Ramsès et toi, hein ! » avant de disparaître sans me laisser le temps de protester.

Elle a bien eu raison. La preuve, on est rentré à 2h du matin…  Comme certains élèves avaient des travaux d’intérêt général à faire, ils ont fait la déco (nous passerons donc sur le « général » de leur punition). La cantine nous a préparé un BBQ du tonnerre, en bord de piscine. Enfin, quand je dis « en bord », c’est avant une certaine heure, parce qu’après, ça a un peu dégénéré dans la piscine.

Par respect pour les collègues, et pour ne pas décrédibiliser les enseignants aux yeux des personnes qui liraient ce blogue, je ne donnerais pas de nom, et ne publierais pas de photo, à moins que vous ne payiez (ça s’écrit comme ça ?) une belle petite somme… cash, bien sûr.

Sachez quand même que V. gagne haut la main le concours de plongeon ainsi que celui de pêche aux lunettes, qu’AS gagne celui de Jean-Jacques Goldman sur chaise haute avec une frite (c’est pas donné à tout le monde, quand même !) et que D. celui de chute dans l’eau tout en sauvant son verre !

Certains ont dû avoir bien mal aux cheveux samedi matin!

CP

La réunion tant attendue et tant appréhendée a eu lieu. Pour une fois, le chef d’établissement a sorti sa paire de … lunettes, va-t-on dire. L’incompétence est reléguée  là où elle fera le moins de dégat. Et bonheur suprême : j’aurais un CP à la rentrée. Chouette chouette chouette ! Je fais encore pouvoir faire rager mon ministre. D’ailleurs, puisqu’on parle de reléguer les incompétents, n’y aurait-il pas une petite place pour lui dans un autre ministère, là où il dirait un peu moins de conneries ?

incompétence, deuxième.

Aujourd’hui, j’ai pris une grande décision : l’année prochaine, je serai une enseignante nulle. Plus de cours préparés, plus de discipline en classe, des cahiers mal tenus, et des progressions à peine ébauchées. Des projets, n’en parlons pas. Comme ça, l’année d’après, on me refilera les bons qui marchent même sans enseignant, et les pas pénibles, qui sont sages même sans discipline. Cette année-là sera donc un régal, je pourrais faire des projets formidables, faire le programme en deux mois et rien que des trucs sympas après. En fonctionnant comme ça un an sur deux, ça peut être pas mal.
Certes, dans ces conditions, je ne bosse qu’avec les bons sages, et je ne fais rien avec les autres. Ca risque de ne pas franchement réduire les écarts…

incompétence

Encore un éléve, pénible et en difficulté, qui me revient parce que mon collègue n’est pas fichu de gérer sa classe !
Marre !
Deux jours, deux conneries (mais pris sur le fait et remis en place à
chaque fois, na!), et deux heures chaque jour penché sur son cahier à
n’aider que lui !
Vivement qu’on soit payé au mérite !