Silence

Ça fait un bail, je sais.

Pourtant, on ne s’ennuie pas ici. On n’en a pas le temps.

Depuis mon dernier post, il s’est passé des choses.

D’abord, Alice a été hospitalisée. Beaucoup de stress, de fatigue, d’organisation…

Puis il y a eu la visite au lycée de l’inspecteur, et une inspection pour moi. Beaucoup de stress, de fatigue, de boulot… Et pas de photo, désolée.

Puis j’ai beaucoup de concerts, donc de répétitions. Pas de stress, mais du temps de trajets, des couchers tardifs, de la fatigue, du travail… et toujours pas de photo non plus.

Puis il faut qu’on prépare Noël. C’est reparti pour un tour. Visite à Ikea un jour de foule atroce pour récupérer un vrai sapin qui sent bon. Photo.

Et les courses de Noël ne sont pas faites. Les enfants veulent des légos, encore des légos, toujours des légos. Or Ramsès n’est pas franchement d’accord. Faut dire que c’est pas comme s’ils n’en avaient pas : on ne sait plus où les mettre. Le sol de la chambre de Sacha est une ville légo entière. (Et c’est sans parler de mes légos persos qui envahissent le bureau).

Et puis il y a la Corée à préparer. Départ dans 2 semaines et un jour et on n’a pas de gants pour les enfants, pas de chaussettes chaudes, bref, rien n’est prêt.

Sans compter que le menu pour Noël se discute ferme. Ariane veut absolument une dinde. A 5, on va en bouffer des semaines, et c’est même pas bon. Sacha veut une chorba, Ramsès ne sait pas, et moi, je me dis qu’un bol de soupe de légumes mettrait tout le monde d’accord, sauf qu’ils seraient bien tous fichus de se battre pour savoir quels légumes!

Bref, je suis débordée, et ça ne va pas s’arranger : encore des concerts en vues, les livrets de mes petits élèves à finaliser, des courses de Noël, des courses de Corée…

Et vous?

 

Guerre sale

En ce moment, entre Ramsès et Diana, une des prof d’anglais du lycée, c’est la guerre. Une guerre sale, sans règle, sans limite. Tout ça pour des vagues histoires de ballon ovale et de côtés de la Manche différents.

Et comme cette guerre n’a pas de limite, elle va jusqu’à utiliser nos enfants. Hier soir, Diana offre donc à Sacha un beau coloriage, pour faire plaisir à son papa.

drapeau

Bien sûr, ça n’a pas marché.

Il n’est pas si naïf, notre Sacha. Et sur les drapeaux du tournoi, il est évidement incollable.

Niark niark niark.

Elle était épatée, Diana.

 

nouvelles

Comme toute notre vie, la rentrée fut mouvementée. Je me dis toujours que les choses vont se calmer, mais en fait non. Jamais.

Ariane.

Comme tous les ans avant la rentrée, on a eu droit aux crises d’angoisse. Pleurs, vomissements, elle ne s’endort que dans notre lit… Bref, Ariane, quoi. Heureusement, on est enfin rentré, elle est avec le maître qu’elle voulait, et ça s’est calmé. Jusqu’à ce soir, dimanche, où évidement, elle a mal au ventre et à la tête!

Sacha.

Beaucoup moins stressé, lui, évidement, mais bien fatigué. Et il a tenu à fêter sa première semaine en jouant à Van Gogh. Malheureusement pas en peignant de magnifiques œuvres. Ça, ce n’est pas son truc. Il a préféré se couper l’oreille en se prenant en pleine figure un portillon métallique lancé par un autre gamin. Donc urgences, pas de points mais du stéristrip en attendant que ça sèche pour pouvoir mettre de la colle le lendemain. Finalement pas de colle mais faudrait y retourner pour faire les soins. Ça va me saouler, l’infirmière de l’école fera ça très bien. Vu qu’on y a droit à peu près tous les ans, on va dire que c’est bon pour cette année.

Alice.

Elle a fait sa rentrée en crèche. Pas pleuré du tout. On avait prévu une adaptation mais en fait, elle est restée toute la matinée dès le premier jour sans se plaindre. Je me suis dit que c’était une mauvaise idée, qu’elle allait d’autant plus hurler la fois d’après mais non, elle a l’air de se plaire.

Par contre, elle est épuisante. Hier matin, elle prend une craie grasse et dessine partout : canapé, jouets, murs… Pendant que j’essaie de faire disparaitre ses méfaits, elle déroule entièrement le papier toilette. Avant ça, elle avait trouvé le moyen d’ouvrir le robinet du jardin zen et donc de se faire complètement arroser. Dans la même journée, elle a attrapé une autre craie grasse, histoire que ces fresques soient bicolores. J’ai bien entendu mis les craies grasses en hauteur, mais ça ne fait qu’ajouter à mon stress vu qu’elle escalade tout. je la retrouve sur la table pour caresser le chat, sur le bureau d’Ariane à déboucher les feutres. Oui oui, les feutres! Je n’ai de repos que quand elle dort!

Prochaine étape pour elle : le lit de grand. Mais avant, faut qu’on trouve une barrière pour l’empêcher de sortir de sa chambre quand elle se lève!

Et nous?

Ben nous, la routine… et la fatigue.

Un mois bien chargé

Comme d’hab, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer.

Le mois a été bien chargé. Le boulot, évidement, avec son lots de livrets, fête de fin d’année, RV parents, cadeaux… Mais aussi deux anniversaires à organiser, un voyage en Corée qui a du mal à prendre forme, le premier duo violon/piano de Sacha a la fête de la musique qu’il a fallu répéter…

Et une énorme bonne nouvelle : notre dossier d’adoption est enfin accepté. Alice va enfin pouvoir être inscrite sur notre livret de famille.

Chouette, encore des paperasses en perspective : une demande de passeport, ici, c’est toujours épique!

Bref, je prends l’avion demain, après ma dernière journée de classe. Les valises sont faites. Ensuite, qu’on ne me demande plus rien pendant au moins 15 jours.

 

Tioman

24 heures et 5 lessives que nous sommes rentrés de Tioman, une petite île à l’est de la Malaisie. Pourquoi n’y sommes nous pas allés plus tôt? Tioman, c’est le paradis. De la jungle magnifique aux milles verts différents. De la mer magnifique aux milles poissons différents. Là-bas, les enfants vont à l’école en bateau. Il n’y a rien (à part pas mal d’ordures, quand même). Au programme : baignade, visite aux poissons, baignade, visite aux poissons, repas pas cher, sieste, baignade, visite aux poissons, baignade, visite aux poissons, repas pas cher, nuit.

Et on recommence le lendemain.

Je crois que je pourrais y passer 6 mois, à décompresser tranquillement. Bon, si j’emmène un piano.

Les enfants ont appris à snorkeller. Ils se débrouillent comme des chefs. D’accord, malgré la taille de la mer, ils se débrouillent quand même pour se foncer dedans et se faire mal. Ils ne nagent pas toujours très droit. Et des fois, quand ils me donnent la main, ils arrêtent de palmer. Mais dans l’ensemble, ils se débrouillent. Sacha est même assez à l’aise pour chanter dans son tuba…

On logeait dans des bungalows très basiques, entre la mer, un petit bout de mangrove et la montagne.

Et moi, j’ai survécu à 5 jours sans Internet.

Des images, dont plein même pas prises par moi.

bungalow

bungalow

jungle

varan

bateau

bateau

Bon, celles dans l’eau ne sont pas belles, mais mon appareil commence à se faire vieux…

Désolée.

pmt

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Voilà pourquoi on est riche avec un salaire de prof.

article publié dans Courrier International le 15 avril 2011

Un salaire minimum pour l’Asie

La Malaisie s’apprête à établir un salaire minimum national, via une loi qui sera discutée en juin prochain. Si celle-ci est adoptée, le pays rejoindra les rangs des Etats asiatiques à avoir mis en place un salaire plancher dans la dernière décennie. Cette liste inclut le Cambodge, la Chine, l’Indonésie, la Mongolie, le Vietnam et Hong Kong, d’après l’Organisation internationale du travail (OIT). Le dernier en date, Hong Kong, a décidé en janvier d’un salaire horaire de 28 dollars honkongais (2,50 euros de l’heure), qui devrait entrer en vigueur le 1er mai. Singapour sera désormais le dernier Etat de la région à ne pas avoir de législation sur ce sujet, souligne The New York Times. En Malaisie, le salaire minimum sera de 700 ringgits par mois (160 euros). Actuellement, 34 % des salariés malaisiens sont en dessous de ce seuil. Il n’empêche, pour les syndicats du pays, ce seuil devrait être relevé à 900 ringgits (207 euros), ce qui permettrait au moins de passer au-dessus du seuil de pauvreté, fixé à 720 ringgits.

Dans quel monde vit-on?

Pas de dissertation sur l’éducation, la pollution ou autre sujet alarmiste.

Juste une question que je me pose souvent : vit-on ici dans le monde réel ou dans une bulle?

Extraits de conversation en soirée :

-Ton mari n’est pas là?

– Non, il est dans son sous-marin jusqu’à dimanche.

et plus tard, une autre :

– Qu’est-ce que tu fais, toi?

– Je vends des avions.

Une autre question que je me pose souvent : sera-t-on capable (et surtout les enfants) de vivre à nouveau en France un jour?