J’ai renversé tout le bulgogi
Voyage en Corée.
Ça fait des mois que je le prépare et tout se doit d’être parfait. Pas de problème notable pendant le vol. Pas trop paniquée. Ramsès a Alice et Ariane, je suis un peu plus loin avec Sacha qui comme à son habitude, s’endort avant le décollage et pionce tout le temps. J’arrive à dormir 3 petites heures par intermittence. Tout est normal.
Un gars est censé nous attendre à l’aéroport à 7h20 avec un petit panneau à mon nom. On arrive à 7h25 avec tous nos bagages et en ayant réussi à retirer de l’argent, ce qui est un exploit. Pas de gars. Après 1 heure et de multiples coups de fils, donnés par une nana charmante parlent un anglais approximatif et teinté d’un fort accent à l’accueil, on trouve le gars, et sortons rejoindre sa voiture.
Il fait -10° et non non, le tiret n’est pas là pour décorer, c’est bien un MOINS. On sa caille terrible. Vent cinglant. Horreur absolue. Je me dis que ce n’est pas possible, je ne gardais pas un souvenir pareil, je vais regretter d’être là et les vacances vont être abominables.
Un peu plus tard, pause sur l’autoroute, puis arrivée à Gyongju. La dernière fois, j’étais enceinte d’Ariane, ça date donc un peu. Nous arrivons dans un hôtel traditionnel, c’est absolument magnifique. Notre chambre et un petit appart à elle toute seule : une entrée, un petit salon avec canapé et table basse. Puis il y a une pièce qui va servir de chambre aux enfants. Futons sur le sol chauffants, ils sont ravis. Alice dormira entre les 2 grands. Tout est parfait. Notre chambre, avec un grand lit. Une petite pièce repas qui doit être très agréable mais bien trop froide en hivers : elle donne sur un petit lac, entièrement gelé en ce moment. Tous les meubles sont dorés et bordeaux. Des petits tiroirs partout, pour la plus grande joie d’Alice. Triple fenêtre : une en papier, une en verre, une autre en papier. C’est adorable.
Notre chambre :


Il y a même un petit jardin au milieu, avec un SPA. Bien qu’on nous aie grandement vanté les mérite de l’eau de ce SPA, qui vient directement de 165 mètres sous terre, à la bonne température, PH et autre, on a hésité, puis pas essayé : il fait quand même -10°, et je ne me vois pas prendre mon bain en bonnet.
On est complètement crevé mais on va visité le parc juste à côté dans lequel est reconstitué un temple, un village typique, et présenté de l’artisanat. L’artisanat, ce sera pour la prochaine fois : la plupart des stands sont fermés et les enfants ne veulent pas essayé ceux ouvert : il fait trop froid pour s’asseoir et créer. Spectacle équestre épatant, par contre. Vers 5 heures, transis, nous retrouvons notre chambre.

Le diner et le petit déjeuner traditionnels sont compris. C’est assez spécial, avec du très bon, du pas terrible et du affreux. Les enfants ont un peu de mal à goûter. Comme il n’y a pas le choix, ils ont ordre de se emplir le ventre un minimum. C’est très chouette parce qu’il y a plein de chose qu’on n’aurait jamais goûter sans ça. L’inconvénient de ces hôtels traditionnels, c’est qu’ils sont construit en différents bâtiments, avec cours, coursives et tout. C’est magnifique, mais pour changer de pièces, faut passer par l’extérieur. Donc manteau et tout. Et Alice, plus habituée aux maillots de bains qu’aux gants, ne supporte pas ses moufles !
Le lendemain matin, après un petit déjeuner riz / poisson, la température nous paraît presque clémente. Faut dire qu’on est mieux équipé, et qu’on s’attendait à pire.
Notre hôtel :




Nous visitons la ville : d’abord le temple Bulguksa, classé au patrimoine mondial de l’unesco. On est en forêt, les bâtiments dont splendides. Dans différentes pièces, des moines bouddhistes psalmodient leurs prières. Pas le droit de prendre des photos, c’est dommage. Ramsès a profité du premier trajet en taxi pour perdre son bonnet. Pas le sien, d’ailleurs, mais le bonnet fétiche de son copain. Il ne perdra le prochain que le surlendemain. Bel effort de conservation.
Avant de nous lancer dans la visite du centre historique, on va manger. On choisit un restaurant typiquement coréen. On s’installe sur une table très basse, assis sur des coussins. Bercée par la chaleur du taxi, Alice s’est endormie. On décide de tous prendre du bulgogi : c’est du bœuf, des légumes et du riz. Pas épicé. C’est parfait.
Sauf qu’il est à cuisiner soi-même. On nous apporte un réchaud, une poêle spéciale, pleine à déborder, une pince pour retourner la viande et une louche.
Bon.
Je me lance dans la préparation. Je sers. C’est délicieux.

Tout le monde adore. Au moment de resservir, j’attrape de la viande avec ma pince, et la poêle tombe du réchaud. Dans la salle remplie de coréens, le silence se fait. Tout le monde a les yeux fixés sur moi. Une bonne partie de la table dégouline de bœuf au jus, l’anorak de Ramsès a droit a sa part. J’ai renversé tout le bulgogi !