Cayenne

On y envoyait les pires parmi les pires pour casser des cailloux. Faut croire que c’était pas si terrible, parce que le jeu préféré de mes enfants, actuellement, c’est casser des cailloux. Pour trouver à l’intéreiur de magnifiques diamants. Je n’y connais rien, en caillasse, mais à mon avis, c’est pas vraiment des diamants. Ou alors je suis millionnaire, vue la taille des trucs brillants qui remplissent leurs poches.

Rassurez-vous, on ne passe pas notre temps à ça. Aujourd’hui, balade entre les buissons de thés, et ramassage d’un kilo de fraises, à manger pour le goûter! Les enfants ont adoré. Moi, ça m’a rappelé mes 16 ans quand un été, j’avais ramassé les fraises 8 heures pazr jours pendant deux semaines. Avec quand même une grande différence : au lieu de payer, j’étais payée, pour ramasser les fraises.

fraises

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A l’anglaise.

Ici, nous sommes dans un établissement à l’anglaise. Style anglais, déco anglaise, femmes de chambres déguisées en gouvernante, thé et scones à 17h à l’anglaise, et resto à l’anglaise (il faut une chemise et un pantalon long pour pouvoir y rentrer!). Avec juste un petit intru : un tableau de la Joconde.

Je rajoute les photos dès que je peux, mais mon bébé-ordi n’a rien de performant pour traiter de l’image…

Putain ça caille

Nous voici au froid. En montagne. Et on se pèle. Qu’est-ce qu’on oublie vite les petits déplaisirs des climats froids! La lunette des toilettes qui nous gèle les fesses, le carelage qui agresse nos pieds. Alice, elle, découvre les petits malheurs des bébés d’Europe : lingettes et mains de sa mère froides sur sa peau, couche trop vite pleine parce qu’on ne transpire pas, urgence à se rhabiller après le bain, bain dont on sort d’ailleurs trop rapidement parce que l’eau refroidit. Heureusement qu’on est dans un hôtel classe. Ramsès est allé se réchauffer dans un des salons, face à la cheminée. Moi, j’ai pris une bonne douche chaude avant de m’envelopper dans un peignoir moëlleux, et là, je profite de la chaleur de l’ordi sur mes cuisses.

Nous sommes donc aux Cameron highlands, les terres hautes du pays, du moins côté continent, et le seul endroit où l’on plante autre chose que de la palme. Ici, c’est le royaume du thé, et des fraises. Au programme demain, donc, plantation de thé et cueillette de fraises. Avant la pluie de l’après-midi qui nous cloue à l’hôtel.

Le voyage a été assez épique. Faut dire qu’avec mon beau-père devant dans la kangoo, et trois enfants en siège-auto derrière, j’ai voyagé dans le coffre. Le problème, c’est que dès qu’on met les sièges et moi dans le coffre, ben ya plus de coffre. Et que si on arrive tous à voyager léger, ce n’est pas encore le cas d’Alice, qui ne sort pas sans sa poussette ni son lit parapluie. Deux accessoires qui ont un certain âge (en gros celui de sa grande soeur) et occupent donc un certain volume, par rapport à ce qui se fait maintenant.

En disant ça, je me sens vieille. En fait, je crois que le voyage avec nourrisson s’est bien démocratisé. Donc le matériel aussi. Quand on bougeait avec Ariane petite, on passait soit pour des extra-terrestres, soit pour des parents indignes et égoïstes. (Faut dire qu’elle en a fait, la miss. De Thaïlande où l’on habitait à l’époque, elle a vu France, Japon, Malaisie, Re-France, Hong Kong, Angkor, et pas de mal de bleds en Thaïlande, avant d’atteindre ses deux ans) Maintenant, des voyageurs avec nouveau-né, on en croise bien plus (bon, d’accord, pas tellement des Français.)

Bref, nous avons dû partir sans valise, chacun ayant droit à un petit sac en tissu à bourrer quelque part sous un siège, plus un sac toilette-pharmacie-biberons (putain ce que c’était pratique, quand j’allaitais) pour l’ensemble de la famille.

En parlant de pharmacie, ça devient rigolo. 5 personnes, 4 dosages de paracétamol différent. Ca n’aide pas à réduire le volume, ça.

Bref, on est au frais pour 5 jours. Ca va être bien, mais je suis sure que je serais ravie de retrouver mes 30° de retour à la maison.

En attendant, je vais me glisser sous la couette (de mon beau lit de princesse à baldaquin.(le lit, à baldaquin, pas la princesse, hein!))

Demain, photos à l’appui, je vous parle du style de l’hôtel (et des femmes dechambre) parce que c’est rigolo.

Cherating. Vendredi.

Grande sortie aujourd’hui, on va au sanctuaire des tortues. 200 m2 à tout casser, et moins de 4 km de l’hôtel. Vous voyez un peu le truc.

Au sanctuaire des tortues, ils sont super malins. Parce que si on regarde les horaires sur la brochure, c’est ouvert. Et gratuit. Mais si on arrive devant la porte, c’est fermé. Mais le mec étant sympa, si on met des sous dans la boîte à « donations », il veut bien ouvrir pour nous et nous faire faire le tour. Bon, on a dit oui, et on a fait le tour avec le mec, et Ramsès a porté une tortue géante et griffue, et Sacha et Ariane ont été ravi de porter des bébés tortues de 2 mois, et on va vu des endroits du sable où dessous il y a des œufs de tortues, et on a vu des articles de journaux sur des vilains méchants trafiquants de tortues, et on a maudit tous les chinois qui bouffe des espèces en voie de disparition, et tous les pêcheurs qui utilisent des vilains filets là où il y a des tortues, et aussi toutes les industries polluantes, puis après, avec bonne conscience, on est allé bouffer du poisson pêché au filet dans un restau chinois. Mais non, je blague! Ou pas, allez savoir.

Ensuite, on a repris les bonnes habitudes : plage, mer, vagues, piscine…

Un peu de frais dans les chambres aux heures les plus chaudes avec les enfants. On a fait des colliers de coquillages. Quand je vois leur joie, je me dis que je suis une mère formidable. Quand je vois le résultat, je me dis que je suis vraiment un monstre pour leur faire faire des trucs pareils. Surtout qu’il y a toujours un fort risque pour que je doive me balader avec…

Bref, vacances glande, quoi.

Ça fait du bien.

Gavée de bouffe comme je suis, je me demande si je ne vais pas aller marcher quelques kilomètres sur la plage, histoire de pouvoir me regaver ce soir sans trop de risques d’écœurement.

Plus tard…

Bon, en fait, j’ai tenté de marché, mais je n’ai pas réussi. C’est pas ma faute. Faut dire qu’on a pris un séjour option farniente, décochant les options sport, culture, et même par inadvertance cerveaux en marche. Donc je pars pour atteindre à pied par la plage un point qu’on pense avoir atteint plus tôt par la route. En passant sur un pont. Au-dessous duquel coule une rivière. Ben dans ma tête, ça n’a pas fait tilt!

Donc je me suis retrouvée coincée par l’embouchure d’une rivière. Balade sympa cependant, pêcheurs et village sur pilotis sur le trajet, et les palétuviers, évidement, puisqu’on est dans la mangrove.

La plage s’est peuplée. On est vendredi et tous les autochtones sont là. Sur la plage, j’étais la seule femme de plus de 14 ans avec un maillot de bain. Toutes les autres se baignaient en pantalon long et tunique, certaine avec le voile, et certaines de celle-ci avec un bonnet de bain par dessus le voile, surement pour qu’il tienne bien. Forcément, j’étais la seule à nager. Les autres faisaient trempette : ça ne doit pas être évident, niveau flottaison et liberté de mouvement. Qui a osé dire liberté tout court ?

Pour la même raison, la piscine de l’hôtel s’est transformée en machine à laver géante…

Demain, je prends mon appareil photo!

Re grosse bouffe chinoise, puis balade nocturne en bord de plage. La mer est magnifique. Il n’y a pas de lumière, seul la lune éclaire nos pas. Mer noire zèbrée de lignes argentées : l’écume des vagues.

Cherating. Jeudi.

Rien. Que dalle. Nada.

La glande totale.

Plage, baignade, glandouille, re-plage, rebaignade…

Puis quand même, le soir, un tour à Cherating centre. A cherating centre, il n’y a

Rien. Que dalle. Nada.

Alors on s’est fait un bon resto chinois de seafood, et on est rentré.

Le problème avec les bons resto chinois de seafood, c’est que c’est bon, copieux, varié et qu’on veut de tout, et qu’en plus, on finit les assiettes des enfants. Alors certes, je fais toujours attention à commander des légumes, mais c’est en plus du poisson, des crevettes, du riz frit, des nouilles… Je vais donc rentrer avec 3 kilos supplémentaires, et ça ne sera pas le sable dans les oreilles.

Cherating. Mercredi.

Petit dej buffet. Alors que je m’efforce à ne pas me gaver, les trois autres membres de la famille susceptibles de s’alimenter normalement s’en donnent à cœur joie. Alice hurle tout au long du petit dej. Ce n’est pas des plus agréable. Matinée plage. C’est marée basse. Alice prend son premier bain de mer, elle a l’air d’apprécier. Ramsès se bat contre un parasol, mais après une lutte longue et acharnée, il sort vainqueur. Je vais sauter dans les vagues avec Ariane. Sacha, non. Il n’a pas peur, ne croyez pas. C’est juste que non, là maintenant tout de suite, il n’a pas envie. Bon, faut dire que les vagues, elles dépotent! Les enfants jouent avec un crabe à moitié crevé (il bouge encore ) et des bernard-lermites. Ils leur fabriquent tout une citée, avec bassins de différentes profondeurs et canaux les reliant. C’est bien pensé. Le problème, c’est que quand j’ai l’idée saugrenue de vouloir les faire quitter la plage, ils faut garder les bestioles. Je ne suis pas franchement d’accord pour les ramener dans notre chambre. Je leur explique qu’elles vont crever et qu’il faut les relâcher. C’est le drame! C’est vrai, quoi, même mourant, il était attachant, Crabi!

Nous décidons ensuite d’aller visiter les environs. En fait, à part l’hôtel et les 4 restos de fruits de mer qui l’entoure, il n’y a rien. L’unique route qui longe la côte est traverse des bleds sans intérêt. On s’arrête dans l’un d’entre eux. Rien à voir, rien à faire. Il y a quelques magnifiques maisons traditionnelles mais elles sont en ruine. Le gouvernement malaisien a du mal à comprendre que c’est à lui de préserver cela. Les habitants, eux, préfèrent détruire les merveilles en bois et reconstruire en béton. Plus facile, plus confortable, moins cher, même si c’est tout un patrimoine qu’on détruit. Niveau tourisme, la Malaisie ne pourra jamais faire concurrence à la Thaï¨lande voisine de part ses seules infrastructures. S’ils bousillent en plus leur patrimoine, ils feront encore moins le poids. On rentre, achetant des bananes au bord de la route au passage, à un prix que je ne vous donnerais pas par décence. Petit temps de repos ensuite au frais dans les chambres, avant d’attaquer une nouvelle séance plage ou piscine. A voir.

J’en profite pour écrire. Toujours pas tenté le wifi. Va quand même bien falloir que j’aille faire un tour parmi mes mails.

[edit]

Internet marche super bien dans le lobby. J’ai abandonné lachement Ramsès avec les enfants dans la chambre et me voici. Seul problème, il y a un groupe de merde qui fait un vacarme du tonnerreen essayant de faire passer ça pour de la musique, mais je ne suis pas dupe. Qand je pense que je rate la chorale…

Les enfants s’éclatent tellement avec le sable qu’ils n’ont toujours pas testé la magnifique piscine ni même les balançoires, c’est dire.

Quelques photos de nous, et des maisons traditionnelles en perdition :

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Cherating. Mardi.

Premières vacances à 5. Alice n’ayant pas de papier, pas d’avion, pas de passage de frontière. Les trucs proches faciles en voiture, on connait. On tente donc l’aventure : la côte est. Et quitte à tenter des choses nouvelles et risquées, et parce que j’en ai marre de faire les bagages pour la famille entière, je confie à Ariane et Sacha la tâche de faire leurs bagages. Les armoires se transforment en bordel monstre, mais les valises se remplissent. J’ai été gentille, je leur ai quand même donné certaines consignes. On verra en fin de semaine, en fonction de ce qui reste propre ou ce qui aura manqué, si je peux renouveler l’expérience.

Ensuite, nous remplissons la voiture et je me félicite d’avoir choisi une Kangoo. C’est fou tout ce qu’on peut mettre dans un truc pareil.

Et c’est avec beaucoup d’appréhension que nous démarrons. Il est 12h12. On nous a promis 5h30 de voyage, ce qui me paraît énorme pour moins de 300 bornes, mais je ne connais pas la route et on est en Asie. Rien n’est impossible.

Alice a la gentillesse de s’endormir quasi immédiatement, ce qui est merveilleux. Au bout d’une demi heure, Ariane veut faire pipi. Évidement, il n’y a pas de station, et elles ne sont pas non plus franchement annoncées, donc on ne sait pas ce qu’on trouvera ni quand. Comme on est sur une autoroute malaisienne, il y a quelque vague parking et petites routes qui partent ou arrivent sur l’autoroute. On finit par en emprunter une ou l’on voit qu’on pourra facilement se réengager sur l’autoroute. On est mardi, il n’y a personne, ça ne craint rien. Ramsès, Ariane et moi descendons pour nous soulager dans la nature. Sacha, lui, ne fait jamais pipi. C’est le gamin avec la plus grande vessie du monde. Évidement, Ariane, stressée par la situation, n’y arrive pas. Il faudra 5 bonnes minutes de paroles rassurantes pour que ça vienne.

Deuxième pause un peu plus tard pour mettre de l’essence, changer Alice, acheter du coca pour Ramsès et faire un passage familial aux toilettes.

Finalement, après 4 heures de route, seulement deux courtes pauses et pas un seul cri d’Alice, nous arrivons à notre hôtel.

L’hôtel est loin de la ville. C’est immense mais quasi vide, ce qui risque de changer ce WE, mais pour le moment, c’est très bien. Piscine gigantesque. Les enfants ont l’air content.

Pour la première fois, nous décidons de ne pas nous entasser dans une chambre. C’est mieux si on ne veut pas que je pète les plombs. On prend donc deux chambres communicantes. C’est la ruine mais au moins, on a de l’espace.

Nos chambres donnent sur la plage et sont loin du lobby, des resto et du karaoké. On est ravi. C’est un peu vieillot et défraichi mais propre et spacieux. On s’installe puis allons à la plage.

Rien que le bonheur des enfants retrouvant la mer et les jeux de sable suffisent à faire oublier les heures de voitures et le prix des chambres.

Alice met ses petits pieds dans la mer pour la première fois et ça a l’air de lui plaire. Mer bleue et chaude, grosses vagues, 3 kilomètres de plage que pour nous, c’est parfait. Bon, je n’irais pas jusqu’à me baigner aujourd’hui, mais ça fait partie des choses envisageables dans le futur.

Le soir, Ramsès propose de manger à l’hôtel. J’insiste un peu pour qu’on sorte. J’ai raison, on trouve tout près un bon petit resto très sympa où l’on mange bien et pour pas cher, et surtout une petite épicerie dans laquelle on achète de l’eau, et l’outil indispensable que j’ai oublié à la maison : l’écouvillon pour laver les biberons.

Malheureusement, pas d’Internet dans la chambre mais uniquement dans le lobby, ce qui est nettement moins sympa : pas moyen de bloguer le soir avec les enfants qui dorment. Je tape donc ce soir, et je mettrais ça en ligne plus tard. Mais ça veut aussi dire accès limité aux e-mails et à mes blogs favoris. OUINNN!

Bon. Quelques images…

Vu de la chambre :

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Regardez bien, le mec, il se baigne avec un sac à main. Si si.

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Mon fils qu’il est beau tout plein.

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Ma fille ainée qu’elle est belle aussi. (Mais bien plus difficile à prendre en photo que son frère.)

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Ma toute petite fille (Détail, comme on dit en peinture.)

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Départ imminent

Souvent, en fin de vacances, j’ai envie de rentrer. De retrouver mon chez moi, mes affaires, mes habitudes, de commencer une nouvelle année scolaire. A cette époque, j’ai quasiment fait mon programme pour l’année scolaire, j’ai une idée précise des projets, des chants pour la chorale…

Cette année, rien.

Pas envie de rentrer. Du tout.

Et Ramsès, c’est pareil.

Il m’a même supplié de faire un mot au proviseur disant qu’il était malade, qu’il avait la scarlatine et ne pouvait pas rentrer.

J’ai refusé, vous pensez bien.

Pas question de rentrer seule avec les enfants et d’être la seule à bosser.

A moins que…

C’est contagieux, la scarlatine?

tournoi du grand chelem

Corinne, Christophe, Ramsès et moi sommes de grands sportifs. Et comme les tennismen ou les rugbymen, en grand bouffmen que nous sommes, nous avons notre grand chelem.

Nous le tentons tous les ans depuis 5 ans maintenant. Jamais encore avec succès. Pourtant, contrairement à d’autres, nous ne jouons pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres.

La règle est simple, il s’agit lors de nos vacances communes, d’arriver à se faire ensemble une tartiflette, une raclette, une fondue savoyarde et une fondue bourguignone.

Cette année, il nous manquera la raclette.

Buisson d’épines

J’étais drôlement contente que Sacha se mette à ramasser des mûres seul. Avant, il les avalait au fur et à mesure que je les cueillais, mais, de peur de se piquer, en cueillait rarement lui-même. Ou alors les très faciles tout au bord du buisson.

Or avant-hier, lors d’une balade, il en a trouvé des belles noires grosses appétissantes et tout et tout. Et il a commencé à les cueillir comme un grand et à les manger au fur et à mesure de sa cueillette. Ça le ralentissait quelque peu, donc le reste de la troupe, nous avions quelques dizaines de mètres d’avance.

Puis nous avons entendu un hurlement. Nous nous sommes tous retournés. Plus de Sacha. Du moins visible. Parce qu’on ne risquait pas de ne pas l’entendre. Puis nous avons vu émerger du fossé un petit garçon déguisé en hérisson. Ramsès et moi nous sommes précipités sur lui. Nous lui avons enlevé ses nombreuses épines et l’avons consolé.

Il s’était laissé avoir : les herbes et ronces cachaient le fossé, il a avancé quand même…

Je ne suis pas sure qu’il retourne aux mûres de sitôt.