Retour

Comme d’hab, on est content d’arriver. L’appart, comme à chaque fois, nous paraît immense. Oui, je sais, il ne paraît pas, il l’est.

Comme d’hab, on se dépêche de mettre le peu de fromage qu’on a pu rapporter au congel, et dès l’ouverture de la valise se répand une odeur terrifiante et délicieuse à la fois qui mettra des jours à s’en aller.

Comme d’hab aussi, plus rien ne marche. Plus de gaz, plus d’Internet, plus de télé, plus d’imprimante… Ramsès passera sa première demi-journée à payer et faire remettre un peu tout, avant d’aller bosser.

Comme d’hab on retrouve également avec plus ou moins de plaisir les moustiques, la chaleur, les chats, les jouets des enfants, et un régime alimentaire beaucoup plus sain que notre régime français. (Surtout que le frigo est vide!)

 

Silence.

On m’a fortement reproché un manque de publication durant les vacances. Je m’étais pourtant promis de publier au moins un article par semaine avec un montage photo de ce qu’on avait vu et fait. Je n’ai pas tenu ma promesse. J’ai une raison. Pour faire un montage photo, faut un logiciel. Et le seul que j’avais sur mon mini ordi, je me suis rendue compte que je le détestais. Lui et moi ne sommes pas faits pour partager le même ordi. C’est un truc sur lequel on ne peut bouger ou dimensionner les photos qu’une seule fois. Une fois fait, c’est définitif. Ça veut dire qu’il faut réfléchir avant à ce qu’on va mettre, où, comment et à quelle taille, au lieu de se laisser entraîner par ce qu’on voit et notre imagination en cours de montage. Pas du tout pour moi. Alors blasée, je l’ai délaissé, et vous par la même occasion.

Mais vous me pardonnerez, hein?

la p’tite poule

Chez nous, il y a un petit abris où l’on range le bois pour la cheminée. Par terre, de la paille.

Hier, au fond du jardin, une poule. Je la montre aux enfants ravis et étonnés. On est de la ville, hein, alors une poule chez nous, c’est pas dans nos habitudes. Donc on s’étonne, on s’émerveille… On ne se demande pas trop d’où elle vient, dans la mesure où il y a un poulailler juste derrière le mur du fond du jardin. On s’étonne juste qu’elle soit venue.

Hier aussi, Ariane me demande si j’ai mis des oeufs dans le poulailler pour que la poule ponde. Moi, je m’étonne encore! Je ne risque pas d’aller mettre des oeufs dans la mesure où en plus du mur, il y a un grillage, et que le mec derrière le mur sait surement mieux s’occuper des poules que nous. Sur ce, elle me réponds qu’elle parle de NOTRE poulailler.

Comme si on avait un poulailler!

Bref, elle part jouer et je vais voir dans la cabane à bois. Où je trouve un nid. Avec 9 oeufs dedans.

C’est beau, les couleur, le soleil et tout et tout. Je me dis qu’il faut que je fasse une photo, puis comme toujours j’ai la flemme et me dit que je la ferai le lendemain.

Aujourd’hui, donc, je retourne dans notre cabane à bois, et qu’est-ce que je trouve ?

poule

Les 29 heures les plus dingues de ma vie

Prologue

Depuis des semaines nous attendons le certificat de naissance d’Alice. Sans ça, elle n’est pas notre fille. Depuis des semaines que la décision a été prononcée au tribunal, notre avocate nous dit « maybe nest week. » Et cette semaine, au lieu de nous annoncer son habituel « maybe next week », elle nous a sorti un désagréable « not before the end of this month ». Ce qui voulait dire, avec le début du ramadan dans pas si longtemps que ça, qu’Alice ne visiterais pas la France cet été.

Moi, j’ai un peu pété les plombs. Je me suis dit qu’à attendre des petites périodes les unes à la suite des autres, le 31 août arriverait sans qu’on ait bougé de la maison. Alors on a discuté avec Ramsès et les enfants que je partirais en France avec Ariane et Sacha et que lui attendrait ici.

Je demande donc à mes parents de débloquer mon compte en banque, parce que 3 billets, ça fait sauter mon plafond carte bleu. Ça devait être fait vendredi, ça.

Jeudi midi. Histoire de voir, j’essaie de prendre des billets pour vendredi soir. Ça marche.

Jeudi 12h10, je préviens Ramsès.

Jeudi 12h30, je pars manger avec un ami. On s’adore et on ne va pas se voir pendant 6 semaines. On veut une petite après-midi peinarde dans un café à regarder les gens passer.

Jeudi 12h40, sms de Ramsès « rappelle-moi ».

Merde, un sms pareil ne me dit rien qui vaille.

12h42, je rappelle Ramsès. Les papiers d’Alice sont chez l’avocate, il faut aller les chercher. Ça tombe bien, je ne suis pas loin, et j’ai un chauffeur.

Sachant que je pars le lendemain soir, qu’il faut aller à 50 bornes pour, à partir des papiers, avoir un certificat de naissance. Faut des photos d’identité. Et surtout faut être deux parents plus le bébé pour demander son passeport. Et l’avocate a bien les papiers, mais elle n’est pas là.

On traine dans le coin en attendant le retour de l’avocate. Qui ne reviens pas. 4 heures plus tard, je répète les plombs, embarque mon chauffeur à la maison, puis chez le photographe pour les photos d’identité, ça sera toujours ça de fait. C’est le moment que choisit l’avocate pour appeler. J’envoie Ramsès qui se retrouve dans les embouteillages mais finit par revenir avec les papiers. Du moins une partie. C’est déjà 18h30, plus franchement les horaires d’ouverture des administrations.

Vendredi 8h. Ramsès part transformer les papiers de l’avocate en certificat de naissance. Comme on est dans un pays moderne, toutes les administrations ou presque sont centralisée. Dans une ville faite de rien à 50 bornes de KL. C’est neuf, beau, petits lacs et parcs. Pratique, pas franchement, mais beau, oui. Après une course de bureau en bureau, Ramsès arrive enfin devant le mec qu’il faut, qui lui dit d’aller manger, d’attendre 2 heures, puis de revenir chercher le certificat. Sauf qu’entretemps, le mec appelle notre avocate qui appelle Ramsès pour lui dire que l’ordinateur du mec ne marche pas et qu’il n’aura pas son papelard. Retour à la maison. Déception.

Vendredi 11h50, Ramsès est sur le chemin de la maison à 100 de chez nous quand le mec le rappelle. Le certificat sera prêt entre 14 et 15 heures.

Vendredi 15h30, Ramsès m’appelle, ilo a le papelard entre les mains. Notre seule chance est de faire la demande de passeport malaisien immédiatement. Je prends l’avion 4heures plus tard. Je mets mes trois gamins avec moi dans un taxi. Ramsès rentre à KL le plus vitre possible. On se retrouve non sans mal au bureau des passeporte où un connard de guichetier refuse d’aider Ramsès a remplir le formulaire tout en bahasa. Heureusement que les nanas sont plus compréhensives. 5 guichets, plusieurs photocopies, 150 ringits et 2 heures plus tard, on repart avec un passeport pour la miss.

 

Épilogue. Suis en Europe, Ramsès et Alice nous rejoigne bientôt.

Putain quel stress!

Séparation et déchirement

Alice ne rentrera pas en France cet été. Je ne sais pas si « rentrer », c’est franchement le bon mot pour nos enfants, mais là n’est pas vraiment la question.

Sachant cela, on a plusieurs solutions.

La meilleure, à mon avis, c’est les vacances familiales en Malaisie. Sacha était assez tenté. Plage et bernard-lermitte. De toute façon, lui, il est heureux partout.

Mais la frangine ne l’entend pas de cette oreille.

Elle, elle veut la France, sa famille, ses amis, sa maison, ses chevaux… Bref, son petit monde français. Et je pense qu’elle en a besoin pour se ressourcer, se reposer, grandir… Mais le retour en France avec une hotesse de l’air, ça la terrorise.

Alors je vais l’emmener. Puis tant qu’à faire, j’embarque le frère avec.

Mais pas la petite soeur. Qui va rester avec son père. Qui va m’oublier. Qui a déjà été abandonnée une fois. Pour qui on nous conseille la stabilité. Qui va terriblement me manquer. Ca, c’est moi que ça terrorise.

Bref, j’arrive. Je ne sais ni quand ni pour combien de temps, mais j’arrive.

Ca commence!

Quoi donc?

Les conneries de la petite dernière. 6 mois à peine et la voilà qui trotte partout. Elle a pris de l’assurance, de l’endurance et voilà qu’elle se transforme en Godzalice dans la ville en légos des grands, attrapant les personnages, détruisant véhicules et habitations.

Ce même petit monstre, je le retrouve à genou la main dans le lecteur de cassettes, ou boulottant gaiement le cartable de sa soeur, jouant avec le fil de la chaine, mordillant le chat qui est assez bête pour se coller à elle malgré les touffes de poils arrachées, les oreilles tirées et autres malheurs.

Va falloir tout planquer! Et protéger l’escalier. Déjà!